Point-Jeunes
sera créé en 1990. Cest avant tout une démarche
de recherche et dexpérimentation permanente, visant à
trouver les réponses appropriées à des problèmes
sociaux en évolution constante.
Point-Jeunes est un lieu daccueil en centre ville où
tout jeune de 14 à 25 ans peut passer et rencontrer un travailleur
social pour être écouté, parler de sa situation,
de ses besoins, de ses difficultés, de ses envies... Il peut
y être informé de ce qui existe en ville pour dormir,
manger, se soigner, travailler, se divertir... On peut être
accompagné, orienté, guidé dans sa démarche,
son projet... Il peut aussi être pris en charge quand cela ne
va plus, quand il désespère, quand il est en crise,
en souffrance, en rupture. Cest aussi un lieu dasile au
sens où chacun, pendant le temps où il est dans les
lieux doit se sentir à labri de toute violence, des autres
ou de lui-même : il est garanti à chacun que lon
ne lui fera rien contre son gré, que ce soit moralement, physiquement...
ou éducativement.
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Elément
clefs :
Filiation : prévention spécialisée
Public :
tous jeunes de 14 à
25 ans
parents
Dispositif d'accueil polyvalent avec
hébergement possible pour mineurs en fugue
(24 h)
Gestion : Association APAPAR
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Le
constat
Lerrance
des jeunes, sans être un phénomène nouveau,
saccroît régulièrement. Les rassemblements
en période estivale dans les lieux touristiques, la
mendicité sur la voie publique, les regroupements dans
les centres villes ou
dans les gares, la violence « spontanée »
la stigmatisent.
Parallèlement, les ruptures sociales et familiales
sont de plus en plus précoces. Les « crises »
des mineurs souvent accompagnées de fugue ou de tentative
de suicide sont en accroissement. La rupture très jeune
avec la famille ou le quartier dorigine, les conduites
toxicomaniaques par des mélanges alcool/médicaments,
la recherche de subsides par une mendicité plus ou
moins agressive, le racket, les conduites "pré-prostitutionnelles"
se multiplient.
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Principes,
Modalités
Les jeunes
peuvent être très jeunes - presque des enfants
- ou plus âgés, avoir besoin dun soutien
passager ou
être en rupture complète... Les objectifs sont
nombreux et variés... comme les situations des jeunes
:
- prévenir lexclusion, les conduites de dépendances,
la violence réactionnelle, les conflits familiaux,
les ruptures, les crises, la fugue, le suicide parfois.
- participer à linsertion en gérant des
situations durgence, en traitant les besoins élémentaires,
en rétablissant des équilibres affectifs et
sociaux, en reconstruisant des identités, en proposant
des parcours négociés alliant accompagnement
social et soutien individuel ;
- lutter pour laccès aux droits élémentaires
(santé, savoir, logement, citoyenneté) et contre
les toxicomanies, la délinquance, la marginalisation.
A Point Jeunes on prend le temps, on laisse du temps.
Cest le rythme du jeune qui est premier.
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Données
du terrain :
Agglomération Rochelaise
120 000 habitants
% jeunes : 35 %
Taux chômage : 18,7 %
dont 25,5 % de moins
de 25 ans
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Fonctionnement
Point-Jeunes
accueille les jeunes tous les après-midi de 14 h 30
à 18 h et de 18 h à 19 h sur rendez-vous, du
lundi au vendredi. Les parents sont reçus deux fois
par semaine entre 12 h et 14 h. Une permanence téléphonique
fonctionne 365 jours par an de 8 h 30 à 19 h en semaine,
de 15 h à 19 h les week-end et jours fériés.
Les matinées sont consacrées aux accompagnements
individuels, aux réunions et à divers services
(lavage du linge, consignes...).
Point-Jeunes a négocié un accord avec le Procureur
de la République chargé des mineurs pour pouvoir
garder 24 h un jeune en fugue de façon anonyme.
Point-Jeunes enfin gère deux chambres pour jeunes toxicomanes
en parcours de soins.
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Le
public visé
Point-Jeunes
accueille :
- des adolescents et jeunes adultes en très grande
difficulté personnelle et sociale : errance, toxicomanies,
absence de domicile, délinquance... avec souvent des
problèmes de santé physique et/ou psychique ;
- des mineurs en crise, en fugue, victimes de violences qui,
nhabitant pas les quartiers dhabitat social ne
savent pas vers qui se tourner ;
- des adolescents et jeunes adultes qui dans leur parcours
vers lautonomie ont besoin dun coup de main ou
dun soutien passager.
- des parents de jeunes en souffrance, souvent toxicomanes,
ou dadolescents en crise.
Par ailleurs Point-Jeunes mène des campagnes de prévention
en direction dadolescents en milieu scolaire ou de jeunes
plus marginalisés. Il développe des actions
dutilité sociale sappuyant sur les "ressources"
de jeunes de la rue. Ainsi, en hiver le Bus Prévention
va à la rencontre des plus démunis et le reste
de lannée participe à des projets de prévention
santé.
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Le
Point (Jeunes) est
l'intersection de deux
courbes, la rencontre de
deux trajectoires de vie,
celle d'un professionnel
confirmé et celle d'un
jeune en souffrance, en
crise, en rupture, en
errance...
L'accueil est la fonction
essentielle. Recevoir la
personne telle qu'elle
est, telle qu'elle a envie
de se montrer, telle
qu'elle peut se présenter,
sans a priori ni lâcheté.
Reconnaître pleinement
celui qui vient, lui
permettre de dire un peu
de ses besoins, de son
histoire, de sa souffrance
s'il le veut, le protéger
parfois.
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Les
acteurs
Point-Jeunes
est géré par une association de prévention,
financée par le Ministère des Affaires Sociales
et de la Santé, le Conseil Général de
Charente Maritime et la Ville de La Rochelle. Léquipe
des salariés est composée de quatre éducatrices
sur trois postes et quart, dune secrétaire daccueil
à mi-temps et dun éducateur à deux
tiers temps en CDD.
Un psychothérapeute aide léquipe à
réfléchir à ses pratiques à raison
de 2 h tous les quinze jours.
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Le
partenariat
Point-Jeunes
ne peut fonctionner sans un double réseau :
- amont, visant à faire connaître Point-Jeunes
à ses usagers potentiels : Education Nationale, clubs
sportifs, centres sociaux, acteurs sociaux et caritatifs
- aval pour proposer des solutions à lurgence
sociale (manger, dormir, se soigner) ou construire des parcours
dinsertion. Tous les acteurs possibles sont mis à
contribution.
Ce double ancrage indispensable nécessite un travail
permanent, utilisant les techniques de lentreprise,
suivi et évalué avec un professionnel de la
communication.
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Montage
financier :
Budget 1997 :
1 200 000 F
Etat : 50 %
Conseil Général : 36
%
Mairie : 8 %
Divers : 6 %
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Impacts,
analyses
En 1996,
nous avons rencontré environ 500 jeunes (280 garçons
et 170 filles) dont 293 nouveaux (178 garçons et 115
filles) pour 3956 visites comptabilisées. On note une
certaine saisonnalité avec un flux plus important au
printemps et à lautomne. La courbe des âges
fait apparaître deux groupes essentiels : les grands
ado-lescents (18/20 ans) et les jeunes adultes (21/25 ans).
Lorigine des jeunes est essentielle-ment Rochelaise
(70 %). Toutefois, 25 % des jeunes viennent dun
autre département.
La moitié de ceux qui viennent pour la première
fois sont SDF ou en logement précaire (chez un copain,
accueil de nuit), 68 % sont sans emploi, 23 % sont
scolaires ou en cursus dinsertion, 9 % ont eu un
emploi occasionnel ou régulier. Les principaux problèmes
sont administratifs (élection de domicile, identité,
accès aux soins...), liés à la crise
ou à lurgence sociale, au logement et à
la santé (dont les problèmes de toxicomanies).
Globalement, années après années, nous
constatons une précarisation croissante, particulièrement
sensible chez les nouveaux venus.
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Services
:
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Tickets
restaurants
Nuits d'hôtel
Election de domicile
Douche
Lave-linge et sèche-
linge
Consignes
Contacts :
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DDASS :
Mme MALIVERT
Tél : 05 46 68 49 00
DSD : Mme TEXIER
Tél : 05 46 51 75 75
Point Jeunes :
Guilemette ROUX
Tél : 05 46 41 06 30
APAPAR :
Eric FOEX
Tél : 05 46 67 10 29
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Opinions,
interviews
Pourquoi
avoir soutenu la création de Point-Jeunes ?
Au départ, il sagissait dun pari accompagné.
Nous disposions dinformations indiquant une situation
inquiétante dune
partie de la jeunesse Rochelaise et qui appelait de nouvelles
formes de réponses sociales. Il revenait à la
DDASS, dans
son rôle dobservateur et de veille de la réalité
sociale de porter à la connaissance de notre Ministère
ce phénomène qui nécessitait une intervention
publique. Point-Jeunes consti-tue une nouvelle forme de réponse.
Il peut se définir comme un indispensable garde-fou,
au sens de ceux qui, dans les sentiers de haute montagne,
ramènent vers les chemins balisés.
Avez-vous des inquiétudes par rapport à Point-Jeunes,
à son public ?
Actuellement Point Jeunes touche de plus en plus de jeunes
qui ne sont pas issus de milieux sociaux « prédisposés
» et
qui ne sont absolument pas préparés à
ce qui leur arrive. Ils paraissent protégés
par leur insertion sociale et pourtant
glissent vers lexclusion. Cest un phénomène
nouveau et lon doit se demander si Point-Jeunes, dans
son fonctionnement
et avec ses moyens actuels reste la réponse adaptée.
Il nous faut sans doute travailler plus avec lEducation
Nationale,
faire plus dans le sens de la prévention. Parallèlement
on constate qu'il y a de plus en plus en plus de jeunes en
extrême difficulté et que leur nombre ne semble
pas stabilisé ce qui est très préoccupant.
Est-ce que Point-Jeunes, pour pouvoir continuer à faire
face à leur demande ne risque pas de devenir une grosse
machine moins performante? Nous devons sans cesse nous reposer
la question de ladaptation des moyens, y compris financiers,
aux besoins. Enfin, je suis étonnée du développement
de lieux qui reprennent l'appellation « Points-Accueil-Ecoute-Jeunes
». Sagit-il d'une mode, de lappropriation
dun label, dun besoin réel ou dun
signe din-quiétude...? Si le besoin daccueil
et découte des jeunes
parait plus que jamais dactualité, nous devons
nous reposer la question de la fonction et des compétences
des structures
qui développent ces lieux, de lindispensable
partenariat à développer, en particulier entre
les secteurs sanitaires et sociaux.
Madame MALIVERT, Conseillère technique, DDASS I 7
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