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UNE
CONSEILLERE
DU
PLANNING FAMILIAL
AU
POINT ACCUEIL JEUNES
P.R.A.P.S.
I
/ L’ECOUTE, LA SANTE PHYSIQUE, LA PREVENTION DES RISQUES :
UNE CONSEILLERE FAMILIALE AU P.A.J.
L'initiative
de la mise à disposition d'une Conseillère
Familiale au Point-Accueil-Jeunes est issue des enseignements
que dispense notre pratique quotidienne au service des jeunes
en difficultés.
Des
constats de terrain sont à l'origine de cette action.
Ces constats ont été effectués par la permanente
du Centre de Planification intervenant au Centre Social Vieux
– Temple à Grenoble et par les professionnels du Point-Accueil-Jeunes.
I.1.)
Défiance et ignorance des jeunes
La
conseillère du Centre de Planification
a noté que le public des jeunes ne venaient que très
peu au Centre Social dans le but de rencontrer la conseillère.
Il y a des freins liés aux représentations que
les jeunes associent aux lieux et catégories professionnelles
des intervenants.
Il
y a l'ignorance peut-être de l'existence de cette permanence
mais aussi et surtout, de ce que l'on peut en attendre et de
ce que l'on peut y trouver.
De
son côté le Point-Accueil-Jeunes a repéré
une ignorance phénoménale de la part des jeunes
pour tout ce qui concerne la contraception, la prévention
des MST, le SIDA, l'interruption volontaire de grossesse et
la sexualité dans son ensemble.
Si
aujourd'hui, à l'aube du 3iéme Millénaire,
au moment où informations et communications explosent
littéralement, on pourrait penser que plus rien n'a de
secret pour les jeunes et bien l'on se trompe.
Il
existe une partie d'entre eux, qui exclus de nombreux secteurs
de participation à notre société, demeurent
dans l'ignorance.
Cette
ignorance renforce la probable apparition de nouvelles difficultés.

I
.2.) Une démarche "d’aller vers" les jeunes
Concrètement,
le public accueilli au Point-Accueil-Jeunes est un public qui
cumule les difficultés. Les jeunes sont sans qualification,
sans emploi, sans ressources, sans logement, sans couverture
sociale et sous le coup d'une rupture familiale.
Ces
difficultés sont tellement prégnantes qu'elles
finissent souvent par faire disparaître tout souci d'information,
de prévention, d'attention et même de soucis en
matière de prévention de leur santé.
Dans
l'esprit des jeunes en situation précaire, cette préoccupation
liée à la santé passe au second plan, loin
derrière la recherche d'un toit, de subsistance, d'emploi....
pour certain, la blessure narcissique engendrée par les
échecs est si forte, l’estime de soi tellement mise à
mal que l’on constate un véritable abandon d’eux même.
Nous
constatons qu'il y a également une grande pudeur associée
à une grande envie, pour autant qu’on leur donne l’occasion
de le faire, d’évoquer les sujets concernant leur corps,
celui de l’autre sexe, la contraception, la grossesse, l’interruption
de grossesse, les relations de couple, etc.
Les
jeunes sont gênés, ils ont presque honte de poser
des questions ou faire-part de leurs problèmes. Si on
ne va pas vers eux, si on ne fait pas le premier pas pour les
aider, ils restent dans leur ignorance.
Ils
continuent de se comporter sans se préserver et prennent
des risques. Ils ne mesurent pas que cette prise de risque peut-être
lourde de conséquences sur leur avenir pourtant déjà
assez sombre.
A
l'évocation de ces constats, un directeur du service
d'action sociale du C.C.A.S., membre du comité de pilotage
du Point-Accueil-Jeunes à émis l'idée d'un
partenariat au service des jeunes en difficulté entre
le Centre Social proche du service et le Point-Accueil-Jeunes.
Il
a été fait la proposition de mettre à disposition
du PAJ, quelques heures par semaine, à titre expérimental,
une Conseillère du Centre de Planification
opérant habituellement au Centre Social du quartier.
Là
encore, nous nous sommes appuyés sur les enseignements
du terrain et nous avons décidé que ce premier
pas en direction des jeunes en difficulté devrait se
mettre en œuvre dans un lieu qui leur est destiné en
exclusivité. Un lieu où ils peuvent se rendre
et être reçu rapidement, de façon banalisée,
non stigmatisante. Cela a favorisé la rencontre entre
l’intervention sociale et des jeunes qui ne l’ont jamais fait
ou bien avec ceux qui, l’ayant trop connu, ne le pouvaient plus.
Nous
avons installé, après plusieurs tâtonnements,
un fonctionnement qui paraît très salutaire et
qui a des effets intéressants avec cette conseillère
familiale.
La
conseillère du Planning Familial intervient
dans le cadre des permanences d’accueil sans rendez-vous du
PAJ, conjointement avec un éducateur.
Le
jeune la rencontre au PAJ de façon banalisée au
cours d'un entretien en " binôme " avec un éducateur
du Point-Accueil-Jeunes. Il peut ainsi être approché,
abordé, dit, des préoccupations concernant tous
les domaines de la santé ou de la sexualité.
Cet
échange a pour objectif l’information, la prévention
ou les recherches de relais en matière de soins et de
suivis médicaux.
La
conseillère
est
co-accueillante, elle est en capacité d’entendre et d'accompagner
le cheminement de l'expression dans le domaine de la santé,
d'y répondre ou de poursuivre plus avant, s’il le faut,
au Point Accueil Jeunes ou dans le cadre des consultations et
permanences spécifiques du Centre Social ou bien du Planning
familial.

I.3.)
Une expérimentation Réussie au bénéfice
des jeunes en difficultés
L'expérience
nous montre que cette complémentarité de compétence
est intéressante pour les jeunes :
-
directement : car ils apprennent beaucoup sur le sujet.
Cela permet à des jeunes qui n'auraient pas pris contact
avec le Planning Familial de bénéficier malgré
tout de ses compétences. Cela permet, en allant vers
les jeunes, de mener une véritable action de prévention
qui dans plusieurs cas a permis d'initier un véritable
suivi médical, absent auparavant. Cela a constitué
une action d’information et de prévention des risques
en matière de santé.
Cette
information, cette rencontre "a priori" évite une intervention
sociale "a posteriori" qui auraient été nécessairement
plus lourde et surtout elle évite aux jeunes des destinées
marquées de façon irrémédiable.
-
indirectement : les jeunes bénéficient
de ce partenariat. En effet, ces échanges nous apprennent
beaucoup sur les jeunes rencontrés. Au cours de l'entretien
sont abordés des thèmes que les éducateurs
n'auraient peut-être pas pensé évoquer spontanément.
Elle renforce la capacité du service à appréhender
les jeunes dans leur globalité.
Cette
intervention se situe dans le cadre des missions respectives
de chacun des intervenants.
-
La Conseillère du Centre de Planification
peut mettre en œuvre ses compétences de conseil
et d'information liées à la sexualité.
Sa présence au Point-Accueil-Jeunes est destinée
à favoriser la rencontre avec des jeunes en très
grande difficulté. Une fois le contact établi,
le contact pourra se poursuivre, selon le désir du jeune,
en individuel, dans ou hors du cadre du Point-Accueil-Jeunes.
Pour ces
démarches, il nous faut adapter nos fonctionnements aux
particularités, aux difficultés du public dont
nous avons la charge, c'est pour cela que nous avons pensé
et que nous souhaitons entreprendre une démarche qui
va vers les jeunes
Cette
expérience a pour but de favoriser l'insertion des jeunes
en très grande difficulté. Elle est une action
de prévention liée à la santé mais
aussi, de façon plus globale, liée à la
prévention de la marginalisation et de l'errance des
jeunes.

I.4.)
Rapport d’activité 2000, projet 2001
I.4.1.)
Rapport d’activité 2000
Le
propos de la Conseillère familiale :
«
Travaillant maintenant depuis deux ans au P.A.J. dans l’équipe
d’Educateurs (trices) je suis à même d’élaborer
quelques réflexions.
Tout
d’abord, sur l’intérêt, comme je l’avais soulevé
l’année dernière, du travail en partenariat et
en binôme quant à l’accueil des jeunes dans les
entretiens. Les jeunes en grandes difficultés arrivant
au P.A.J. avec une demande concrète, ‘’demande écran’’,
vont pouvoir être accueillis cordialement et de ce fait
entrer en relation avec les personnes accueillantes. Le travail
en binôme va enrichir l’écoute en permettant la
transversalité et ses perceptions différentes.
Ce travail va éviter l’enfermement de l’entretien. Ma
présence en tant que Conseillère Conjugale et
Familiale du Planning Familial va faire que la sexualité
sera considérée dans la globalité de la
personne et dans l’actualité de sa vie.
Les
jeunes, et plus particulièrement ceux que le P.A.J. accueillent
sont souvent inscrits dans des conduites à risques et
délaissent la question de leur santé psychique
et physique car ils ne s’envisagent pas dans l’urgence sur ce
registre.
Sur
le fond, on pourrait dire qu’être contaminé par
le virus du Sida, ou ‘’tomber enceinte’’ est facilement évitable
à condition de respecter des règles de conduite.
Mais nous savons tous fort bien qu’en termes de sexualité,
le respect de ces règles ne dépend pas uniquement
d’une décision rationnelle. Une prise de conscience doit
être nécessaire pour accélérer le
changement comportemental.
D’autre
part nous ne pouvons pas dire que l’information n’existe pas.
Par contre, au vu de notre expériences professionnelles,
nous pouvons penser que pour la prévention sanitaire,
l’information massive, en elle-même, n’induit que très
rarement des changements de comportements ou décisions
significatives.
Le
message aura d’autant plus de chance d’être intégré
s’il ne vient pas de l’extérieur mais est perçu
de l’intérieur, par ceux qui au sein d’un lieu d’accueil,
par leur ‘’façon d’être’’ sauront installer un
climat de confiance.
Les
jeunes ne forment pas un groupe homogène mais existent,
encore plus dans une situation de précarité, à
coté d'une information ou d’une sensibilisation générale.
Aller
au devant d’eux, dans les lieux ou ils se trouvent permet de
maintenir ce climat de confiance, de revalorisation et de refus
de l’exclusion. Ce sont, je pense des valeurs fondamentales
qui doivent prendre forme concrètement dans le domaine
de la sexualité et des risques. La sexualité n’est
pas qu’un fait biologique mais aussi, et peut être avant
tout, dans l’identité, une construction sociale.
Il
s’agira sûrement de donner à ceux et celles qui
seront momentanément le plus exposés à
ces risques une confiance en eux même et en les autres
pour qu’ils puissent s’approprier cette prévention. D’où
l’importance pour ces jeunes de la rencontre, d’une présence
effective, d’une parole, d’une écoute attentive pour
qu’ils puissent prendre en compte l’importance de leur vie affective,
relationnelle et faire la démarche, si tel est leur désir
d’aller dans les centres de planification, Planning Familial
ou médecins. »
Activité
2000 :
Les
entretiens : La Conseillère du Planning Familial
a participé à 40 permanences d’accueil, au P.A.J.,
en entretien en binôme. Elle aura ainsi pu entrer en contact
et aborder la situation d’à peu près 100 jeunes.
Parmi ceux-ci, un grand nombre a pu évoquer, simplement,
de façon dédramatisée, l’ensemble de leurs
questionnements, ignorances, peurs et/ou détresse concernant
l’information, la prévention, la démarche de suivi
médical ou administratif concernant la sexualité
en général, les risques, la prévention,
la poursuite de la grossesse ou son interruption. Nombre d’entre
eux également a pu engager, car orienté ou revu
dans un autre lieu, un suivi médical.
L’information et
la prévention : Celle-ci s’est également opérée
par l’apport de documents nombreux, à disposition des
jeunes dans la salle d’attente.
L’animation :
A l’occasion de la journée de la femme et de la journée
mondiale de lutte contre le Sida, la Conseillère du Planning
Familial a organisée et animé des temps de rencontre
collectifs. Ces moments auront été fort, nous
avons pu mesurer l’adhésion des jeunes à ce type
d’échanges et leur volonté de les voir reconduits.
En
définitive, une présence très active mais
aussi très appréciée des professionnels
du P.A.J. et des jeunes accueillis.
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